ça ira mieux demain
Aujourd'hui j'ai accompagné Lola à la gare, avec des amies.
Elle part un an en Angleterre. Lola. La gare.
Lieu de transit, d'échange, de passage, de transition... submergé par la résonnance des cris, des bruits de foule et de machineries des escalators... amoncellement de lignes verticlaes et horizontales, dont certaines s'échappent vers un point de fuite peu distinct.
Le même goût amer des départs dans la bouche de tous...
Certains partent fuir leurs soucis, certains se demandent s'ils ne feraient pas mieux de rater leur train, d'autres restent sur le quai en laissant s'enfuir une partie d'eux, le quai. Le quai. C'est une chanson de monsieur max ça... "tu étais sur le quai, tu partais pour toujours, mon amour".
Aujourd'hui j'ai laissé partir Lola, une bonne partie de moi. Une bonne partie aussi des 3 autres personnes avec qui je suis allé l'accompagner. La précipitation, l'enregistrement, les bagages, nous donnent une petite dose d'adrénaline qui nous anesthésie à tout sentiment sur l'instant. Et puis on l'a vue partir après les portillons de sécurité, marchant au ralenti (tellement qu'on aurait cru qu'elle reculait), se retournant tous les 5 mètres avec un gros sourire sur la trombine... C'est là, pendant cet instant où, immobiles, on récupère des derniers stress, qu'on commence à avoir la gerbe.
:(
Aujourd'hui j'ai laissé partir Lola. J'ai gardé d'elle sa N64, quatre pousses de bambou, beaucoup de souvenirs.
Une transition. Un passage. Elle part étudier un an, et dans 2 mois c'est Isabel que je laisserai partir pour un an à Rome. On se sent vite seuls, presque orphelins... on aimerait cristalliser le temps sur les derniers jours où la proximité du départ nous a fait profiter les uns des autres. Mais le temps court et ne se retourne pas, les choses et les gens avancent, sans pour autant que le monde ne s'écroule... Alors on fait avec.
Dans 2 mois, c'est sarah qui revient d'un an au Mexique.
Certains partent, certains reviennent, d'autres restent. C'est comme ça. Ne pas combattre les choses, qui ne sont pas si mauvaises dans le fond. Combattre ses sentiments, ses ressentis. Et c'est ce combat qu'on appelle plus communément "la vie" ?
La vie ça craint.
Aujourd'hui, j'ai grandi.
Aujourd'hui, j'ai vieilli... (comme disait zazie dans le métro)
