J'écoute : Cynthia Harrel "Snake Eater"
Je regarde : la ville la nuit
Je lis : pix'n love / modulations
Je joue : quand je peux
Je mange : pas des masses
Je bois : trop... *burp*
Je cite : "Et mainenant, où va aller le nouveau-né ? le net est vaste et infini..."
Je pense : ça ira mieux demain
Je rêve : encore et toujours
(mis à jour mercredi 13 août 2008 à 22:12)

21/08/2008

21/08/08 - 22:55

il pleut !



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la pluie


En général, quand il pleut, seuls deux ou trois rayons de lumière blanchâtre percent le ciel de plomb qui déverse timidement ses larmes comme pour ne pas m’attrister encore plus. Les gouttes, en s’écrasant sur le sol, retentissent comme le son d’un xylophone. Je sens mon visage se recouvrir d’une fine pellicule d’eau qui doit le faire reluire et ressembler à celui d’une poupée de cire.



En général, quand il pleut, je marche sans m’arrêter, comme une machine qui ne peut que respecter le programme qu’on a entré dans ses circuits.

J’ai longtemps agi ainsi, je crois, beaucoup plus selon la volonté des autres et ce qu’on a attendu de moi que selon ce que je voulais réellement faire. Si j’avais voulu, là, m’arrêter quatre secondes au milieu de mon chemin pour lever la tête et sentir quelques gouttes me percuter lourdement le front, puis repartir, je n’aurais pas pu. Longtemps j’ai été comme ça, misérable androïde qui n’a jamais eu les couilles d’accepter et de faire ce qu’il voulait. C’est tellement plus simple de ne pas se donner le courage d’accomplir ce que l’on veut en obéissant docilement aux consignes que donnent les parents, les profs, les amis, les gens... Je n’avais jamais osé dire ‘merde’ aux gens et prendre mes propres responsabilités. Si quelque chose de mauvais devait arriver, ce n’était pas de ma faute, voilà tout. J’ai toujours eu un problème avec mes responsabilités... J’ai toujours eu si peur de prendre moi-même des risques que je préférais laisser la tâche aux autres. J’étais comme ça. Longtemps j'ai été comme ça, il me semble.



Et il flotte, encore et encore. En général, quand il pleut, l’eau s’amasse sur le trottoir sombre qui brille alors comme un vieux miroir un peu sali. En coulant le long de la route en dépression elle semble emporter avec elle tous mes soucis. C’est ça que j’aime quand il pleut. J’ai l'habitude d'y voir l’espoir d’un proche bouleversement venu perturber mon train de vie pourri et me donner l’opportunité de repartir à zéro. Le premier acte de la tétralogie ne se termine-t-il d'ailleurs pas par un orage déclenché par Wotan pour purifier l'air pourri d'un fratricide ?



En général, quand il pleut, les odeurs sont étouffées par celle du macadam humide. Le béton mouillé a un parfum très particulier, proche de celui de la margarine. Amer béton. Et puis celle, familière, du feu de cheminée se répand, comme chaque fois que le temps est pluvieux, pendant que des gouttes légères vacillant avec le vent viennent s’écrouler lentement sur le sol, et sur mon front. C’est l’une de ces matinées où ma rue a des airs de ghetto New-yorkais. On n’oserait pas croiser le regard d’un autre, de peur d’engager par une provocation involontaire une guerre de gangs ou une vendetta de quartier. Je regarde au ciel tentant sans réel espoir de distinguer quel est cet être sans doute purement imaginaire en train de pisser sur la surface du monde et de mon visage.
Une brume légère dans laquelle je ne peux que m’enfoncer me perd dans les pensées que j’essaye de fuir...

la pluie.

commentaires

22/08/08 - 08:15

Oups, un Joon peut en cacher un autre
:-)))))

22/08/08 - 11:35

Merci pour Funki Porcini je ne connaissais pas et j'aime beaucoup .
Tom

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